Concours d’éloquence 2019

Le tournoi

Marie Beudels ouvre la soirée et la compétition sur un énigmatique… “Un soir à Londres”…  Bien qu’on ait cru au début de sa plaidoirie qu’elle développerait les idées liées au mouvement ’me too‘, la suite nous amène à réfléchir sur l’importance de la résistance que chaque acteur dans la société -victimes, témoins et intervenants- peut opposer à l’ignorance, la brutalité et l’injustice. Marie nous encourage tous à ne pas rester sans réaction devant les oppressions de toute nature.

Stéphane Mertens de Wilmars suit Marie et aborde un thème totalement différent. “Voorbij BNP, het falen van de objectiviteit”. Le concept de Produit national brut est-il une bonne mesure pour juger de la réussite d’un pays, d’une communauté d’hommes? Cromwell, l’homme d’état et chef de guerre anglais, a lancé le concept, mais le concept n’est-il pas dépassé? Stéphane ose dire que oui.

“Faut-il être seul pour être libre?”, et nous voilà bousculés dans nos pensées par Laure de Man qui se livre à un exercice brillant et philosophique sur le sens d’être seul et la solitude. Nous étions confortablement installés dans nos certitudes et Laure en sept minutes nous déstabilise avec conviction pour conclure qu’elle choisit de ne pas être seule et qu’elle sacrifie sa liberté. Nous ne verrons plus notre vie de la même manière.

Quelques secondes de répit… et Ruben Van Miegroet s’avance pour défendre son credo pour résister à la vie frénétique moderne sous le titre “De huidige maatschappij, moeten we terug naar de basis?”. Avec beaucoup de bon sens et de placidité, Ruben nous donne sa vision rafraichissante de l’importance des valeurs de base dans la vie d’un homme: simplicité, famille, amitiés sont les mots clefs pour rester heureux et rendre hommage à la vie.

“Peut-on convaincre au mépris de la vérité?” L’exposé de Paul de Spoelberg tente de répondre à cette question. Les ‘fausses nouvelles’ sont utilisées sans vergogne par l’homme le plus puissant de la planète et sont devenues une donnée incontournable dans la masse des informations au XXIème siècle. Que faire, comment ne pas se noyer en cherchant la vérité? Il n’y a pas de solution novatrice, il faut s’informer et entraîner son esprit critique. Héritage jésuite vous disiez…

Moment de flottement intellectuel et Marie Daeninck reprend en main les esprits troublés par la perspective de la désinformation en nous affolant un peu plus en lançant “De parlementaire democratie in gevaar”. En prenant pour départ de son plaidoyer les manifestations des gilets jaunes, les manifestations pour le climat, le Brexit et toutes les expressions de mécontentement qui occupent l’actualité, Marie nous demande de nuancer nos réactions. Qu’autant d’individus et groupes d’individus essayent de se faire entendre sans avoir de rôle de représentation, doit inciter les représentants démocratiques à écouter et ne pas se sentir dépassés. La démocratie parlementaire n’est pas en danger, proclame Marie, mais des voies nouvelles de communication et de sélection des sujets qui méritent le débat devront lui permettre un renouveau salvateur.

Le mouvement “Altruisme efficace” que nous présente Pierre Jacques est peu connu du grand public, même de la communauté Olivaint. Il y a donc une voie nouvelle et différente pour regarder et agir face aux besoins criants de l’humanité. Pierre Jacques présente avec conviction la nouvelle approche à donner à l’aide humanitaire, faite d’efficience, d’efficacité et de maximalisation des résultats.

“De Toren van Babel: Archaïsche Mythe of Hedendaagse Realiteit?”  Maarten Ulrix a l’esprit clair et exprime avec conviction en trois langues l’importance de maîtriser la, les langues qui nous permettent d’agir, d’interagir et d’être compris là où nous vivons et travaillons. A l’aide d’exemples pratiques bien choisis, Maarten décrit les pièges de la mauvaise maîtrise de la langue de communication. La technique et les sciences ne sont rien sans la maîtrise de la langue et celle-ci vaut que l’on investisse dans son enseignement de manière prioritaire.

“Peut-on vouloir le Mal?” Gabriel Maroy nous entraîne au bord de l’indicible. Le Mal. Et dire que depuis tout petit on nous dit de faire le bien. Mais le bien et le mal sont-ils séparables, l’un n’étant que le reflet de l’autre? Gabriel ne résout pas l’énigme et se dit attiré par les deux faces de la même réalité. Sommes-nous condamnés comme l’âne de Buridan à hésiter sans décision entre les deux bottes de foin, le bien et le mal ?

Sérieusement déstabilisé par  le sujet de Gabriel, nous sommes sur le point de sombrer dans l’incertitude. Mais heureusement, Maarten Hawinkel nous ramène vers plus de sérénité en nous exposant son “Pleidooi voor de matigheid”. Avec tempérance mais aussi passion, Maarten exprime sa crainte de la perfection et des excès qu’elle déclenche. La tempérance, la tolérance et la bonne mesure sont selon lui la voie vers une vie heureuse et harmonieuse, idéal que chaque homme ambitionnerait. Mais est-ce bien la l’objectif de tous les hommes?

Bruno Terlinden joue merveilleusement avec les mots. “Echec et mat”, cela pourrait être le titre d’un sketch de Raymond Devos. Le théâtre de la vie est fait d’une succession d’échecs et de réussites. L’échec n’est pas synonyme de défaite. L’échec sert de socle à la réussite et nous serions bien inspiré de changer notre regard sur les bienfaits des épreuves.

Chose rare après 11 candidats et des sujets parfois ardus, la salle est comble et personne n’a vu le temps passer.

Alors lorsque le dernier concurrent, Margaux Dejonghe se présente, le public n’a qu’une envie, que le spectacle continue. Margaux  va nous passionner par le sujet qu’elle a choisi “Een terugkeer naar de rede(lijkheid) in 2019”. La parole agressive, l’incompréhension, l’extrémisme, le jusqu’au boutisme font partie de ce monde. Faut-il faire semblant de rien, courber l’échine et crier avec les loups? La raison devra être notre guide et la colonne vertébrale de nos actions.